Passion Chasse

                 

Monsieur Hamadi Khaled,  grand ami du CICB ( Club International des chasseurs de bécassines) à eu la gentillesse de nous donner quelques renseignements sur ce qu'est la chasse qu'il pratique en Tunisie.

 

Traditionnellement, cette chasse n'était pratiquée que par un petit groupe de chasseurs français vivant en Tunisie et notamment ( presque exclusivement même) par un grand bécassinier, Jaques Lavau, que j'ai eu la chance de connaître depuis plusieurs années et qui m'a aidé à améliorer ma façon de chasser, m' a permit de goûter aux plaisirs de cette chasse sportive et enfin m'a conseillé pour l'acquisition d'une bibliothèque cynégétique comprenant tous les écrits des grands classiques.
Profitant de ce privilège et de cette pression de chasse quasi-inexistante sur ce noble gibier, il a été heureusement décidé au niveau des instances de tutelle du Ministère de l'Agriculture de ne pas donner en pâture ce gibier aux touristes ni à tout étranger non résident en Tunisie ( à part, évidemment, les personnalités invitées par le gouvernement); ce qui fait que les bécassines trouvent dans notre pays des conditions idéales pour hiverner.
L'hivernage : Les bécassines du Paléartique occidental qui viennent hiverner en Tunisie, arrivent début septembre ou exceptionnellement fin août.
J'ai constaté une fois, cette migration si tôt en saison alors que j'aménageais un marrais fort intéressant et certainement très alléchant, situé à 20 km de Tabarka au bord de la mer. C'était le 23 août, et j'ai pu voir un vol de 15 oiseaux.
Les sourdes arrivent un peu plus tard et repartent plus tôt. A l'exception de cette dernière saison. Je l'ai d'ailleurs signalé lors de l'envoi de la récolte d'ailes 1999-2000. Une récolte d'ailleurs assez importante.  
D'après les études menées de 92 à 98 par le docteur Michel Devort, nous avons eu en 1996 : 1,85 jeunes par adulte, alors que les âges-ratio des 3 années précédentes étaient respectivement de : 0,99 - 0,49 et 0,72. le ratio de mue suspendue a été de 1,34 par rapport à celle des trois précédentes années : 1,93 - 1,49 et 1,68. mais dans ce cas les chiffres sont concordants et vont dans le sens d'une très bonne productivité.
Les zones favorables : ce sont les grands marécages qui ont, hélas, disparus. La plaine du lac Ichkeul devenue zone humide internationale et la plaine de Bullaredjia au Nord-ouest, qui aujourd'hui est entièrement drainée. L'énumération serait un peu fastidieuse, toutefois il faut quand même signaler : au nord-est, près de Tabarka, les marais de Boutarfess et bourmada, puis entre Tunis et Bizerte, les marais d'El Alia et Utique et un peu plus au Sud ceux de friga, Dekhva, Oued Zarga et Maagoula. Au Nord-est du pays, deux marécages, Eloudrenne et Soliman, sont bons en fin de saison ( fin février, début mars). Plus au centre de la Tunisie, on rencontre les zones humides suivantes : Le Krib, Dahmani et Mebasta.           

Il y a aussi, parait-il dans l'extrême sud au delà du Chott al Djérid, un grand marécage, avec une bonne végétation de phragmites très basses qui sont bien pâturées par les camélidés. Je vais essayer d'aller prospecter ce territoire lors de la saison prochaine, car il y a, m'a t'on dit, de très grosses concentrations de bécassines en octobre et novembre. L'alimentation en eau de cette zone est assurée par des puis artésiens. Je suis quand même bien intrigué de voir des oiseaux qui descendent jusqu'à cette latitude et qui stationnent dans le désert, au début du territoire du Grand Erg Oriental.   

                                               
     

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